« L’Eveilleur » Ghérasim Lucas

« Paralipomènes » Une lecture de Christine Bruneau

Dans ses poèmes, Lucas est cet homme sans cesse qui bute sur les mots comme on s’abime de pièges en pièges. Il broie de la pensée comme d’autres du noir, mais dans ses proférations, il y a place aussi pour le rire, le foudroiement. Place également pour le désir, l’amour, la passion. Oui, le petit personnage noir qui animait le silence prophétisé par effraction. Il était l’oxygène des nerfs et du cœur partant de lourde asphyxie. Il était un éveilleur qui, simplement, se présentait comme un sonneur de cloches et annonçait : nous allons devenir la proie de l’ombre.

Henri Velter, le Monde